Deux jeunes hommes assis côte à côte à une table, lisant ensemble des livres de grammaire

Le tableau complet des pronoms arabes

L'arabe compte 12 pronoms personnels, et chacun se présente sous trois formes : un mot indépendant comme أنا (anā, je), un suffixe possessif comme ـي (-ī, mon), et un suffixe complément comme ـني (-nī, me). Le tableau ci-dessous donne les trois colonnes pour l'arabe standard moderne (souvent appelé arabe littéraire), l'égyptien et le levantin.

Les pronoms font partie d'un système plus large ; notre présentation de la grammaire arabe pour débutants montre leur place à côté des verbes, des cas et de l'ordre des mots.

Le tableau complet des pronoms arabes

Les pronoms arabes sont de deux sortes : des mots indépendants qui tiennent seuls, et des suffixes collés à la fin d'un autre mot. Les 12 personnes ont une forme dans chacune des deux sortes, et les suffixes se divisent encore selon leur emploi : possessif ou complément. Cela fait trois formes par personne, et le tableau ci-dessous les place côte à côte. Lisez une ligne et vous obtenez le mot sujet autonome, le suffixe qui signifie « mon / ton / son » sur un nom, et le suffixe qui signifie « me / te / le » sur un verbe ou une préposition. Beaucoup de listes donnent la colonne des pronoms indépendants et s'arrêtent là, c'est pourquoi un apprenant reconnaît هو (huwa) mais ne sait pas analyser كتابه (kitābuhu).

Les 12 pronoms personnels de l'arabe standard moderne : forme indépendante, suffixe possessif et suffixe complément.
PersonneIndépendantTranslit.Suffixe possessifTranslit.Suffixe complémentTranslit.À l'oral
jeأناanāـي-īـني-nīcourant
nousنحنnaḥnuـنا-nāـنا-nācourant
tu, à un hommeأنتَantaـكَ-kaـكَ-kacourant
tu, à une femmeأنتِantiـكِ-kiـكِ-kicourant
vous deuxأنتماantumāـكما-kumāـكما-kumāécrit seulement
vous, hommesأنتمantumـكم-kumـكم-kumcourant
vous, femmesأنتنّantunnaـكنّ-kunnaـكنّ-kunnaécrit seulement
ilهوhuwaـه-huـه-hucourant
elleهيhiyaـها-hāـها-hācourant
eux deuxهماhumāـهما-humāـهما-humāécrit seulement
ilsهمhumـهم-humـهم-humcourant
ellesهنّhunnaـهنّ-hunnaـهنّ-hunnaécrit seulement

Comparez les deux dernières colonnes de suffixes et vous verrez l'intérêt du tableau : elles sont identiques, sauf à la première ligne. Le possessif est ـي (-ī) et le complément ـني (-nī). Un n de plus, sur une seule ligne : c'est toute la différence entre les deux séries. Apprenez la colonne des possessifs et vous connaissez déjà celle des compléments.

Les pronoms arabes en égyptien et en levantin

Les dialectes parlés utilisent huit pronoms, pas douze. Le duel et le féminin pluriel ont disparu : أنتما, هما, أنتنّ et هنّ n'ont pas d'équivalent courant, et un groupe mixte ou entièrement féminin prend le masculin pluriel. Les voyelles bougent aussi, et c'est là qu'un apprenant qui n'a étudié que l'arabe standard ne reconnaît plus des mots qu'il connaît.

Les pronoms personnels indépendants comparés en arabe standard, en égyptien et en levantin.
SensStandardÉgyptienTranslit.LevantinTranslit.
jeanāأناanaأناana
nousnaḥnuإحناeḥnaنحناniḥna
tu, à un hommeantaإنتentaإنتinta
tu, à une femmeantiإنتيentiإنتيinti
vous deuxantumā—pas de duel—pas de duel
vous, plurielantum / antunnaإنتوentuإنتوintu
ilhuwaهوhowwaهوhuwwe
ellehiyaهيheyyaهيhiyye
eux deuxhumā—pas de duel—pas de duel
ils, elleshum / hunnaهمhommaهنّيhinne

Une remarque régionale sur la dernière ligne. هنّي (hinne) est ce qu'on entend à Damas et à Beyrouth ; une grande partie de la Palestine et de la Jordanie dit plutôt همّي ou هم (humme). Les deux sont levantins et aucun n'est une faute. Notre page sur l'arabe levantin détaille les différences sous-régionales, et notre page sur l'arabe égyptien fait de même pour Le Caire.

Les pronoms suffixes comparés en arabe standard, en égyptien et en levantin, sur le nom kitāb (livre).
SensSuffixe standardÉgyptienLevantinForme complément (les deux dialectes)
mon / me-īkitābiktābi-ni (shāfni, il m'a vu)
notre / nous-nākitābnaktābna-na
ton / te, à un homme-kakitābakktābak-ak
ton / te, à une femme-kikitābikktābik-ik
votre / vous, pluriel-kumkitābkuktābkon-ku / -kon
son (à lui) / le-hukitābuktābo-u / -o
son (à elle) / la-hākitabhaktāba-ha / -a
leur / les-humkitābhumktābon-hum / -on

Ce sont les formes levantines de la troisième personne qui piègent les apprenants. Le h disparaît : كتابه se lit ktābo, pas ktābuhu, et كتابها se lit ktāba, avec pour seule marque une voyelle longue. L'orthographe est la même qu'en arabe standard ; seule la lecture change.

Les possessifs arabes sur un vrai nom

Une simple liste de suffixes cache ce qui fait vraiment trébucher les apprenants : la voyelle placée devant le suffixe change avec le cas. Voici un nom ordinaire, كتاب (kitāb, livre), décliné sur tout le paradigme au nominatif, avec le génitif à côté pour que le changement soit visible. C'est la forme que prend le mot dans une vraie phrase.

Le nom kitāb (livre) avec chaque suffixe possessif, au nominatif et après la préposition fī (dans).
SensArabeNominatifAprès fī (génitif)
mon livreكتابيkitābīfī kitābī
notre livreكتابناkitābunāfī kitābinā
ton livre (à un homme)كتابكَkitābukafī kitābika
ton livre (à une femme)كتابكِkitābukifī kitābiki
votre livre (à vous deux)كتابكماkitābukumāfī kitābikumā
votre livre (à des hommes)كتابكمkitābukumfī kitābikum
votre livre (à des femmes)كتابكنّkitābukunnafī kitābikunna
son livre (à lui)كتابهkitābuhufī kitābihi
son livre (à elle)كتابهاkitābuhāfī kitābihā
leur livre (à eux deux)كتابهماkitābuhumāfī kitābihimā
leur livre (à eux)كتابهمkitābuhumfī kitābihim
leur livre (à elles)كتابهنّkitābuhunnafī kitābihinna

Ce tableau fait ressortir deux choses. La première ligne ne change jamais, car ـي (-ī) absorbe la voyelle casuelle : kitābī reste kitābī aux trois cas. Toutes les autres lignes changent. Et un nom qui porte un suffixe est déjà défini : on ne met donc jamais الـ (al-) devant. Al-kitābī n'existe pas ; كتابي signifie déjà le livre qui est à moi.

Comment lire ces tableaux

Lisez chaque ligne de gauche à droite : l'écriture arabe d'abord, puis la translittération, puis le sens. Les voyelles longues portent un macron (ā, ī, ū), les consonnes emphatiques un point (ṣ, ḍ, ṭ, ḥ), ʿ est la lettre ayn et ʾ la hamza. Le même système vaut pour les lignes dialectales : eḥna contient donc un vrai ح, et howwa un w doublé qu'il faut tenir.

L'arabe des tableaux est écrit avec les marques de cas et de mode, car un tableau de pronoms sans elles ne vous apprend rien. Les textes réels ne les portent presque jamais : أنتَ et أنتِ s'écrivent donc tous deux أنت sur une page, et seule la phrase vous dit lequel est voulu. Si ces signes sont nouveaux pour vous, commencez par les harakat qui marquent ces suffixes.

Ces tableaux portent sur les pronoms personnels. Les démonstratifs هذا (hādhā, ce, celui-ci, masculin) et هذه (hādhihi, cette, celle-ci, féminin) forment une série à part, qui s'accorde avec la chose désignée plutôt qu'avec la personne qui parle, et ils ne figurent pas sur cette page.

Les suffixes s'attachent à trois sortes de mots et prennent un sens légèrement différent sur chacune. Sur un nom, ils marquent la possession. Sur une préposition, ils en sont le complément : معه (maʿahu) signifie « avec lui ». Sur un verbe, ils marquent le complément d'objet direct. Le côté verbal se trouve sur notre page consacrée à la grille de conjugaison complète d'un verbe régulier, car les terminaisons qui marquent le sujet d'un verbe forment une série distincte de ces suffixes.

Les suffixes qui changent de forme

Deux suffixes ne sont pas fixes, et la plupart des listes de pronoms les passent sous silence. Les suffixes de troisième personne qui commencent par hu passent à hi après un son i, et le suffixe de première personne ـي devient -ya après une voyelle longue.

Commençons par la troisième personne. Après une kasra, ou après la lettre ي, la voyelle u de ـه, ـهم, ـهما et ـهنّ devient i :

Le passage de -hu à -hi après une kasra ou un ya.
Forme de baseForme modifiéeArabeSensCause
baytuhufī baytihiفي بيتهdans sa maisonkasra du génitif
-huilayhiإليهvers luiya qui précède
-himʿalayhimعليهمsur euxya qui précède
-humbihimبهمavec euxkasra de bi-

Passons à la première personne. Quand ـي arrive après une voyelle longue, il fusionne avec elle et se redouble : إلى (ilā) plus -ī donne إليّ (ilayya, vers moi), على (ʿalā) donne عليّ (ʿalayya, sur moi), et في (fī) donne فيّ (fiyya, en moi). Il en va de même avec les pluriels masculins externes : معلمون (muʿallimūn, des professeurs) devient معلميّ (muʿallimiyya, mes professeurs). Personne ne dit ilā-ī.

Ce que vous lirez sans jamais l'entendre

Quatre des douze formes appartiennent à l'écrit, pas à l'oral. La paire du duel, أنتما (antumā) et هما (humā), et les féminins pluriels أنتنّ (antunna) et هنّ (hunna), reviennent sans cesse dans le Coran et dans la presse écrite soutenue. Dans une conversation au Caire ou à Beyrouth, vous attendrez longtemps avant d'en entendre un. À votre place, nous apprendrions à reconnaître les quatre et mettrions leur production tout en bas de la liste, loin derrière les huit que vous utiliserez tous les jours.

Le féminin pluriel a une exception vivante bonne à connaître : il survit dans une partie du Golfe et dans certains parlers ruraux du Levant, où un groupe de femmes reçoit réellement هنّ. Partout ailleurs, le masculin pluriel couvre tout le monde.

L'autre piège est le genre. Un texte non vocalisé écrit ـكَ et ـكِ de façon identique, si bien que les apprenants finissent par les traiter comme un seul suffixe. Dites -ak à une femme au Caire, et cela sonne faux à chaque fois. Une habitude voisine consiste à employer un pronom indépendant là où l'arabe veut un suffixe. « Je l'ai vu » se dit رأيته (raʾaytuhu), en un seul mot, pas raʾaytu huwa. Si vous voulez une réserve de phrases correctes pour vous vérifier, notre liste d'expressions arabes courantes en arabe standard, en levantin et en égyptien montre les suffixes en situation.

Questions fréquentes

Quels sont les 12 pronoms de l'arabe ?

Ce sont ana (je), nahnu (nous), anta (tu, à un homme), anti (tu, à une femme), antuma (vous deux), antum (vous, à un groupe d'hommes), antunna (vous, à un groupe de femmes), huwa (il), hiya (elle), huma (eux deux), hum (ils) et hunna (elles). L'égyptien et le levantin abandonnent le duel et le féminin pluriel, ce qui en laisse huit.

Quelle est la différence entre pronoms suffixes et pronoms indépendants en arabe ?

Un pronom indépendant est un mot à part entière et sert de sujet à la phrase : huwa mudarris, il est professeur. Un pronom suffixe se colle à la fin d'un autre mot. Sur un nom, il marque la possession : kitab plus -hu donne kitabuhu, son livre. Sur un verbe ou une préposition, il est complément : shakara plus -hu donne shakarahu, il l'a remercié. La série de suffixes est la même dans les deux emplois, à une exception près : « mon » se dit -i sur un nom et « me » -ni sur un verbe.

Comment dit-on « ton » en arabe, à un homme et à une femme ?

Avec le suffixe -ka pour un homme et -ki pour une femme. La consonne est identique et seule la voyelle change : kitabuka est le livre d'un homme, kitabuki celui d'une femme. En égyptien et en levantin, la même paire devient kitabak et kitabik. L'écriture non vocalisée note les deux de la même façon, c'est pourquoi c'est la phrase qui doit vous dire à qui l'on s'adresse.

Pourquoi le suffixe -hu devient-il parfois -hi ?

Parce qu'un son i qui précède l'attire. Après une kasra ou après la lettre ya, le u de -hu, -hum, -huma et -hunna devient un i. « Sa maison » se dit donc baytuhu seul, mais fi baytihi, « dans sa maison », après la préposition fi. La même règle donne ilayhi (vers lui) et alayhim (sur eux). L'orthographe du mot ne change pas, seule la voyelle prononcée change.

Quand emploie-t-on hadha et hadhihi ?

Ce sont des démonstratifs, pas des pronoms personnels, et ils varient selon le genre de la chose désignée, pas selon la personne qui parle. Hadha s'emploie avec un nom masculin singulier et hadhihi avec un nom féminin singulier, et tous deux signifient « ce, celui-ci ». Pour « celui-là », plus éloigné, la paire est dhalika et tilka. Les tableaux de cette page portent, eux, sur les pronoms personnels.